Comment reprendre une PME de plusieurs millions d’euros quand on a le talent de dirigeant mais pas le capital ? C’est précisément le problème que résout le search fund — un modèle né aux États-Unis et en plein essor en France.

Le principe : lever avant de chercher

Dans une reprise classique, on identifie d’abord une cible, puis on monte le financement. Le search fund inverse l’ordre : l’entrepreneur — le searcher — lève d’abord un capital de recherche auprès d’un groupe d’investisseurs, avant même de savoir quelle entreprise il reprendra. Ce capital finance ses frais pendant la phase de recherche (souvent 12 à 24 mois) : sourcing, analyse, premières approches.

Les quatre temps du modèle

  1. Lever le capital de recherche. Quelques investisseurs financent la phase de recherche en échange d’un droit prioritaire à investir dans l’acquisition finale.
  2. Trouver et acquérir une cible unique. Contrairement à un fonds classique qui diversifie, le searcher vise une seule entreprise, qu’il connaîtra en profondeur.
  3. Opérer et créer de la valeur. Le searcher en prend la direction : c’est un entrepreneur-opérateur, pas un investisseur passif.
  4. Sortir. À terme, la revente ou une opération de liquidité rémunère investisseurs et searcher.

La rémunération du searcher

C’est ce qui rend le modèle attractif pour un repreneur peu capitalisé : le searcher obtient une part du capital de l’entreprise — souvent de l’ordre de 20 à 30 % — dont une fraction est conditionnée à la performance (atteinte d’objectifs, étapes de remboursement). Pendant l’exploitation, il perçoit aussi un salaire de dirigeant. Il contrôle et dirige une PME sans avoir apporté la majorité des fonds.

Les limites à connaître

Le search fund n’est pas une voie facile : la phase de recherche est exigeante et incertaine, tous les searchers ne trouvent pas de cible, et le modèle suppose d’aligner durablement ses intérêts avec ceux des investisseurs. Il convient à des profils entrepreneuriaux solides, prêts à diriger réellement l’entreprise sur plusieurs années.

Une alternative aux club deals

Le search fund n’est pas le seul moyen de reprendre sans gros capital : les club deals (plusieurs investisseurs réunis autour d’un repreneur) ou le MBI (reprise par un dirigeant extérieur) répondent à des logiques voisines. Le bon choix dépend du profil du repreneur et de la taille de la cible.

Pour aller plus loin

Pour entendre un searcher raconter son parcours, écoutez l’épisode d’Alvo Talk consacré au search fund avec Thomas Dreyfus. Sur les montages collectifs, le décryptage d’Alvo sur les club deals pour financer la reprise à l’échelle complète utilement le sujet.

Cet article présente une information générale et ne constitue pas un conseil en investissement. Tout projet de search fund doit être structuré avec des conseils juridiques et financiers spécialisés.